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23 octobre 2026 · Décryptage & ordres de grandeur

IA générative : combien consomment nos questions, images et vidéos ?

Un message à un chatbot, une illustration ou une vidéo créée par IA : derrière l’écran, des serveurs utilisent de l’électricité et des ressources. Voici des repères pour comprendre, sans culpabiliser ni exagérer.

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RÉDACTION & PUBLICATION Anthony NISOL
Service Inclusion Numérique CCTVL Médiathèque de Beaugency
EN QUELQUES CHIFFRES

Ce qu’il faut retenir

Ces chiffres viennent de périmètres différents et ne peuvent pas être comparés comme s’ils mesuraient exactement la même chose.

💬0,24 Wh

Une requête texte Gemini

Valeur médiane publiée par Google pour son application en mai 2025. Ce n’est ni « le coût d’un prompt » en général, ni une mesure de ChatGPT.

Source : Google (2025)
🎨2,9 Wh

Une image dans une étude

Moyenne de 2,907 Wh par génération d’image dans un ensemble de modèles étudiés en 2024. Forte dispersion entre modèles et méthodes.

Source : Luccioni et al. (2024)
🌐485 TWh

Les centres de données en 2025

Consommation électrique mondiale de tous les centres de données, pas seulement ceux consacrés à l’IA.

Source : AIE (2026)
Attention au piège des comparaisons

Les chiffres ne portent pas sur les mêmes années, infrastructures, modèles ou frontières de mesure. Ils servent à comprendre des ordres de grandeur, pas à classer précisément les services d’IA.

DERRIÈRE UNE RÉPONSE

Pourquoi une IA consomme-t-elle de l’électricité ?

Quand vous posez une question à une intelligence artificielle, le service fait travailler des ordinateurs très puissants installés dans des centres de données, aussi appelés data centers. Ils utilisent de l’électricité pour calculer la réponse et pour faire fonctionner leurs équipements.

1. Entraîner le modèle

Avant son utilisation, le modèle a été entraîné sur de grandes quantités de données. Cette étape mobilise des machines et des ressources. Son impact n’est pas forcément compris dans le chiffre publié « par requête ».

2. Répondre à la demande

À chaque usage — appelé inférence — des serveurs calculent du texte, des images, du son ou de la vidéo. Plus le travail est complexe, plus les besoins peuvent augmenter.

3. Refroidir et alimenter

Les centres de données ont besoin d’alimentation électrique, de réseaux et de refroidissement. Certaines installations utilisent de l’eau pour contribuer à évacuer la chaleur.

4. Fabriquer les équipements

Les puces, serveurs et bâtiments demandent des matériaux, de l’énergie et de l’eau. L’empreinte ne se limite donc pas à ce qui est consommé au moment où vous cliquez.

Trois unités simples

Wh (wattheure) : une petite quantité d’électricité. kWh : 1 000 Wh. gCO₂e : une estimation des émissions de gaz à effet de serre, qui dépend notamment de la façon dont l’électricité est produite.

SELON CE QUE L’ON DEMANDE

Un prompt court, une image ou une vidéo : pas le même travail

Le mot prompt signifie simplement « consigne donnée à l’IA ». Ce n’est pas le nombre de mots à lui seul qui fixe la consommation : le modèle, le raisonnement, la longueur de la réponse et les outils utilisés comptent aussi.

💬

Question textuelle simple

Répondre brièvement à une question courante. Certaines applications modernes affichent des valeurs de l’ordre de quelques dixièmes de Wh pour une demande typique.

Repère mesuré : 0,24 Wh pour Gemini (médiane 2025).
📚

Analyse longue, code ou recherche approfondie

Une longue réponse, de multiples étapes de raisonnement ou plusieurs outils peuvent augmenter la consommation. Des tests de modèles complexes rapportent plusieurs Wh, voire plusieurs dizaines de Wh par tâche standardisée.

Pas de valeur universelle : le scénario change tout.
🖼️

Génération d’une image

Créer une image à partir d’une description demande un autre type de calcul. Une étude de 2024 observait une moyenne de 2,9 Wh, avec des résultats très variables.

Repère scientifique, pas « le coût de toute image IA ».
🎬

Génération de vidéo

Produire un enchaînement d’images, parfois avec de l’audio, peut mobiliser énormément de calcul. La durée, la définition, le modèle et les tentatives changent fortement le résultat.

À ce jour, pas de chiffre unique fiable par vidéo.
Pour comparer honnêtement

Il faudrait mesurer, sur la même infrastructure et avec la même méthode, des tâches équivalentes. Comparer directement le « 0,24 Wh de Gemini » à une moyenne de laboratoires sur plusieurs modèles d’images donnerait une impression de précision trompeuse.

OUTIL INTERACTIF

Et si l’on multiplie les demandes ?

Modifiez le nombre de requêtes pour visualiser comment un petit coût individuel peut s’additionner. Choisissez ensuite un scénario documenté.

Électricité estimée pour ce scénario24 Wh

100 × 0,24 Wh = 24 Wh

Calcul pédagogique, non mesure réelle de votre utilisation.

Pourquoi le troisième scénario ? Le réglage « 10 Wh » est un exemple de calcul et non un relevé publié pour un service précis. Il illustre un usage plus exigeant ; il ne doit pas être utilisé pour estimer votre empreinte personnelle.

AU-DELÀ DE L’ÉLECTRICITÉ

Et l’eau, le CO₂ et les matériaux ?

Les besoins de refroidissement des centres de données varient beaucoup selon le climat et les technologies. Il faut aussi distinguer l’eau prélevée de l’eau consommée : ce n’est pas la même mesure.

💧
0,26 mL d’eau

Estimation de Google pour une requête textuelle médiane Gemini en mai 2025, selon son périmètre de calcul. Ce chiffre ne décrit pas chaque requête IA ni tous les impacts liés à la fabrication des équipements.

🌱
0,03 gCO₂e

Estimation publiée par Google pour cette même requête. Les émissions réelles dépendent notamment du mix électrique des sites et des frontières retenues dans les calculs.

L’ADEME rappelle que les usages numériques français s’appuient aussi sur des centres de données à l’étranger, dont l’électricité peut être plus carbonée que celle produite en France. L’Arcep souligne en outre le rôle des ressources matérielles et des infrastructures.

Le mythe de « la bouteille d’eau par question »

Il n’existe pas de quantité d’eau fixe et valable pour toute requête. Les chiffres très différents circulant en ligne s’expliquent notamment par les hypothèses et par les impacts inclus ou exclus. Méfiez-vous des slogans qui n’indiquent ni la source ni la méthode.

LE GRAND ANGLE

Un petit impact par demande peut devenir important à grande échelle

L’Agence internationale de l’énergie estime que les centres de données mondiaux ont utilisé environ 485 TWh d’électricité en 2025. Elle envisage environ 950 TWh en 2030 dans son scénario de référence actualisé en 2026.

2025
485 TWh
2030 (projection)
~950 TWh

Attention : ces valeurs concernent l’ensemble des centres de données, utilisés pour de nombreux services numériques, et pas seulement l’intelligence artificielle. L’IA est toutefois l’un des moteurs importants de la croissance de la demande.

Selon l’ADEME, les données restent encore incomplètes : les fabricants et fournisseurs ne publient pas toujours les mêmes indicateurs, ce qui empêche de faire un bilan complet service par service.

AGIR SANS SE COMPLIQUER LA VIE

Six bons réflexes pour un usage plus sobre

🎯

Préciser son objectif

Indiquez votre besoin, le contexte et la forme de réponse souhaitée pour limiter les allers-retours inutiles.

🧰

Choisir le bon outil

Un calcul simple, une recherche ciblée ou un logiciel classique suffit parfois sans génération IA.

✂️

Demander la juste longueur

Une réponse courte peut être suffisante : inutile de réclamer une longue analyse pour une question simple.

🖼️

Limiter les variantes inutiles

Pour les images ou vidéos, définissez le style et le format avant de lancer de nombreuses versions.

♻️

Réutiliser ses contenus

Conservez les réponses et les modèles utiles plutôt que de régénérer plusieurs fois la même chose.

⚖️

Évaluer le bénéfice

Le bon usage est celui qui apporte une vraie valeur : accessibilité, apprentissage, gain de temps ou création pertinente.

Message essentiel

L’objectif n’est pas de faire culpabiliser : c’est de mieux comprendre les outils et de choisir les usages adaptés. Les progrès d’efficacité par requête ne suffisent pas toujours à compenser la croissance du nombre et de la complexité des demandes.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Vos questions sur l’empreinte de l’IA

EN CONCLUSION

Comprendre les ordres de grandeur, sans les confondre

Une requête texte ordinaire peut consommer relativement peu à l’échelle individuelle. Une image, une recherche complexe ou une vidéo ne demandent pas nécessairement le même travail. L’impact dépend aussi du lieu, de l’électricité, des équipements et du volume total d’usages.

La meilleure question n’est pas seulement « combien consomme un prompt ? », mais aussi « quel service rend cette demande, et existe-t-il une façon plus simple d’obtenir le résultat ? »

Sources et méthode

Sources institutionnelles, étude scientifique et publications techniques consultées pour cet article. Les données datent de périodes et de périmètres différents ; elles sont explicitement signalées dans le texte.

  1. ADEME — IA générative : comment quantifier les impacts ? (2026)
  2. Arcep — IA générative : quels défis environnementaux ? (2026)
  3. AIE — Key Questions on Energy and AI (2026)
  4. AIE — chiffres des centres de données (2026)
  5. Google — Mesurer les impacts d’une requête Gemini (2025)
  6. Luccioni et al. — Power Hungry Processing (FAccT, 2024)
  7. Stanford — AI Index 2026, environnement et inférence
  8. PolitiFact — vérification des chiffres d’eau attribués à ChatGPT (2026)

Mis à jour le 23 octobre 2026 · Service inclusion numérique de la CCTVL. Le comparateur ne mesure pas la consommation réelle des utilisateurs.