Clap de fin pour Sora : OpenAI débranche son application vidéo IA

Rideau pour Sora. OpenAI vient d’annoncer la fermeture de son application de partage de vidéos générées par intelligence artificielle, mettant ainsi un terme à une aventure qui n’aura finalement pas duré bien longtemps.

La nouvelle est tombée directement sur X : le compte officiel de Sora a confirmé l’arrêt de l’application, sans toutefois dévoiler les raisons qui ont conduit OpenAI à prendre cette décision.

Pour l’instant, le mystère reste donc entier. L’entreprise promet néanmoins d’en dire davantage prochainement, notamment concernant le calendrier de fermeture de l’application et de l’API, mais aussi sur le devenir des vidéos déjà créées par les utilisateurs.

OpenAI précise ainsi que « des informations supplémentaires seront communiquées prochainement, notamment sur le calendrier concernant l’application et l’API et les modalités de conservation des créations des utilisateurs ».

Une chose est sûre : pour Sora, le générique de fin vient bel et bien de commencer.


Six mois et puis s’en va : Sora laisse derrière elle un accord à un milliard de dollars

L’aventure Sora aura finalement été aussi spectaculaire que brève. Lancée en grande pompe en octobre 2025, en même temps que le nouveau modèle Sora 2, l’application promettait une expérience à mi-chemin entre TikTok et un laboratoire de création par intelligence artificielle.

Son principe était simple : faire défiler un flux de vidéos personnalisées, avec une différence de taille puisque les contenus affichés étaient générés par IA.

Six mois plus tard, le rideau tombe déjà.

Mais cette fermeture est-elle vraiment une catastrophe pour les utilisateurs ? Les chiffres invitent à relativiser. D’après les données d’Appfigures relayées par TechCrunch, Sora avait atteint un pic de 3,3 millions de téléchargements en novembre 2025, avant de redescendre à 1,1 million en février 2026. Un démarrage impressionnant, donc, mais un enthousiasme qui semble s’être rapidement essoufflé.

Pour OpenAI, en revanche, la note pourrait être nettement plus salée.

Les achats intégrés n’auraient rapporté qu’environ 2,1 millions de dollars sur l’ensemble de la période. Mais le véritable enjeu se trouve ailleurs : la fermeture de Sora pourrait surtout remettre en question le récent partenariat conclu avec The Walt Disney Company.

Prévu pour une durée de trois ans, cet accord de licence devait permettre aux utilisateurs de créer des vidéos mettant en scène des personnages issus des univers Disney, Marvel, Pixar ou encore Star Wars. De quoi offrir à Sora un catalogue de licences particulièrement spectaculaire.

En contrepartie, Disney devait investir jusqu’à un milliard de dollars au capital d’OpenAI, avec la possibilité d’obtenir également des bons de souscription donnant accès à des actions supplémentaires.

Autrement dit, derrière la disparition d’une simple application se cache potentiellement un revers beaucoup plus important : celui d’un partenariat XXL qui devait rapprocher deux géants du divertissement et de l’intelligence artificielle.


Deepfakes, dérives et faux départ : Sora n’a jamais vraiment trouvé la bonne formule

Derrière ses vidéos spectaculaires et ses promesses de créativité sans limite, Sora avait rapidement révélé une face beaucoup moins reluisante. Dès son lancement, la plateforme s’était retrouvée confrontée à d’importants problèmes de modération, malgré les garde-fous annoncés par OpenAI.

Les premières dérives n’avaient d’ailleurs pas tardé à apparaître. Des deepfakes mettant en scène des personnalités publiques avaient rapidement commencé à circuler, soulevant de nombreuses questions autour du consentement, de l’utilisation de l’image et des limites de ce type de plateforme.

En France, l’expérience menée par le YouTubeur Tibo InShape avait particulièrement illustré le problème. Après avoir rendu son profil accessible au public, il avait vu apparaître une multitude de vidéos utilisant son visage et son image sans son accord, parfois dans des contextes particulièrement problématiques.

Un véritable aperçu grandeur nature des difficultés auxquelles Sora devait faire face : comment proposer un réseau social entièrement alimenté par l’intelligence artificielle sans transformer la plateforme en terrain de jeu pour les détournements et les faux contenus ?

Et Sora n’est pas la seule à avoir tenté l’expérience.

Sa trajectoire rappelle fortement celle de Meta Vibes, le générateur de vidéos par IA intégré à l’application Meta AI. Le service peine lui aussi à réellement séduire le grand public malgré les investissements importants consentis par Meta.

En novembre 2025, Vibes ne comptait ainsi qu’environ 2 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, un chiffre encore modeste au regard des ambitions du groupe.

Mais contrairement à OpenAI, Meta ne semble pas prêt à couper la caméra. L’entreprise persiste dans sa stratégie et préparerait même une application Vibes entièrement autonome.

Deux visions, donc, face à un même défi : OpenAI préfère arrêter les frais, tandis que Meta continue de miser sur l’idée d’un réseau social où l’intelligence artificielle produit une grande partie du spectacle.